« Ni une, ni deux » mais une pile d’OQTF*

Faites court ! entendent-elles souvent. Que demander si en plus d’être concis, c’est intelligible, précis, efficace et efficient. Ces quelques mots résument parfaitement le court métrage réalisé par Akéla Sari et Philippe Courtin pour témoigner des multiples violences dont sont victimes des milliers de femmes étrangères.

Ni une, ni deux raconte trois femmes venues d’ailleurs, trois étrangères victimes de violences, trois parcours affligeants devant les guichets des administrations chargées de leurs cas.

*OQTF : Obligation de Quitter le Territoire Français


Ni une, ni deux par comcimade

« Il n’y a qu’un seul monde »

« Le témoin-clé de ce que nos sociétés sont évidemment in-humaines est aujourd’hui le prolétaire étranger sans papiers : il est la marque, immanente à notre situation, de ceci qu’il n’y a qu’un seul monde. Traiter le prolétaire étranger comme venant d’un autre monde, voilà la tâche spécifique dévolue au « ministère de l’identité nationale », qui dispose de sa propre force de police (la « police aux frontières »).

Affirmer, contre un tel dispositif de l’État, que n’importe ouvrier sans papiers est du même monde que soi, et en tirer les conséquences pratiques, égalitaires et militantes, voilà un exemple type de morale provisoire, une orientation locale homogène à l’hypothèse communiste, dans la désorientation globale à laquelle seule sa réinstallation pourra parer. »

Alain Badiou in Le Monde, lundi 15 février 2010, p. 15