Articles taggés avec ‘Calais’

septembre 22

Au moment où ces lignes sont postées, il y a du grabuge au niveau de la « jungle » de Calais. Car M. Besson, roi auto-proclamé, tente de donner forme à son annonce faite mercredi soir sur TF1. Les quelques centaines de migrants qui sont restés sur place après cette annonce font face depuis 7h30 à une dizaine de cars de CRS, aidés par des membres de l’association No Border.

FALL

Témoignage, témoignage…

« Témoigner… Témoigner jusqu’à ce que la sidération se répande et que les foules se lèvent »

« Un possible : et notre désespéré reprend le souffle, il revit, car sans possible, pour ainsi dire on ne respire pas ».
Søren Kierkegaard, Traité du désespoir, 1849. Lire le reste de cet article »

avril 28

À quelques encablures de l’ouverture officielle de la campagne pour les élections européennes de juin 2009, on constate un retour en scène du thème de l’insécurité, qui a fait recette lors des précédentes joutes électorales. À côté de l’insécurité, l’immigration a été, tout au long des campagnes électorales ces dernières années, abordée comme un sujet connexe, sinon le principal facteur de cette insécurité.

La résurgence de cette thématique sécuritaire, à la veille des Européennes, auprès de ses principaux apôtres, incite-t-elle à ramener clandestinement la question de l’immigration au centre du débat électoral ?
Parmi les différentes péripéties, qui donnent corps à un probable retour du thème de l’immigration en vue des Européennes, la grande opération coup de poing à l’encontre des migrants à Calais entre le lundi 20 avril au soir et le mardi 21 avril au matin s’avère assez probante. Cette opération, qui a mobilisé près de 500 policiers et gendarmes, a permis l’interpellation de près de 200 migrants autour de leur campement de fortune appelé « la jungle », auquel le ministre de l’immigration prédit une disparition imminente. L’efficacité statistique tant recherchée aurait trouvé ici une illustration saisissante, n’eût été la remise en liberté de presque tous ces migrants du fait qu’aucune « charge ne permettait de dire que telle personne était un passeur ». Toutefois, les gardiens de la « forteresse Europe », partisans d’une lutte acharnée contre l’immigration qui leur a souvent profité, peuvent se satisfaire d’un coup d’éclat dont le ministère de l’immigration annonce la réédition à la veille des élections européennes de juin.
Dans cette poussée anti-immigration, le Front National ne pouvait être en reste d’autant plus qu’il a déjà été doublé par la majorité sur le thème de la sécurité. Marine Le Pen, candidate aux Européennes, après avoir reproché au président de la République de réitérer le « coup de la sécurité », se demandait sur I-Télé le 17 avril 2009 si la carte de l’insécurité en France n’était pas « la carte de France de l’immigration parce que les zones qui apparaissent sont clairement des zones où il y a une immigration plus massive qu’ailleurs ». Sur la lancée de la candidate du Front National, qui a blâmé le gouvernement d‘avoir laissé « une immigration massive s’installer », les différents belligérants de cette « bataille européenne » risquent de s’engouffrer allégrement dans cette brèche électoraliste.
Les 27 et 28 février derniers, un sondage LH2 concluait que pour 74% des personnes interrogées, la question de l’immigration ne pourrait trouver une solution qu’au niveau européen contre 22% au niveau national. Néanmoins, les mêmes sondés plaçaient la coordination des politiques européennes d’immigration en sixième position parmi leurs attentes pour l’avenir de l’Europe. Loin derrière ce qu’ils considéraient comme les trois enjeux prioritaires pour l’avenir de l’Union européenne : la politique économique commune, la politique commune environnementale et la politique sociale commune.

S. FALL

mars 11

Le nouveau ministre de l’immigration et de l’identité nationale ( très prometteur au regard de ce bilan en 32 jours ) a fulminé sur RTL contre le rapprochement fait par le réalisateur du film « Welcome », qui sort aujourd’hui en salles, entre les méthodes de lutte contre l’immigration clandestine et la persécution des juifs pendant l’occupation.

Selon M. Besson, Philippe Lioret aurait franchi la ligne jaune dans une interview accordée à la Voix du Nord en disant que les clandestins de calais sont l’équivalents des juifs en 1943. Il a déclaré que « cette musique là est absolument insupportable ». D’après le ministre de l’immigration et de l’identité nationale « suggérer que la police française c’est la police de Vichy, que les Afghans sont traqués, qu’ils sont l’objet de rafles, etc., c’est insupportable ».

Malgré les indignations de M. Besson, il est de notoriété publique que depuis la création du Ministère qu’il dirige, les méthodes et pratiques en vigueur dans la lutte contre l’immigration clandestine laissent à désirer. En effet, les vocables de « traque » et « rafle » qui renvoient à ce qu’il y a de plus nauséeux ont, dans une quasi indifférence, refait surface dans le langage politico-médiatique.
Ainsi, au cas où M. Besson ignorerait le quotidien infamant des immigrés clandestins du fait de ses subordonnés, nous lui disons avec ce film: Welcome dans l’univers des clandestins M. le ministre.

Et comme le rappelle parfaitement Philippe Lioret dans une lettre ouverte publiée par Le Monde aujourd’hui, il ne s’agit nullement de mettre en parallèle la traque des juifs et la Shoah avec la situation des migrants à Calais, mais de dénoncer les « mécanismes répressifs qui y ressemblent étrangement ainsi que les comportements d’hommes et de femmes face à cette répression ».
De conclure avec le cinéaste: « La réalité, dit-on, dépasse souvent la fiction. Votre réalité, Monsieur Besson, se contente de l’égaler et c’est déjà suffisant pour être affligeant, pour confirmer qu’aujourd’hui, dans notre pays, de simples valeurs humaines ne sont pas respectées. C’est cela que vous devriez trouver inacceptable« .

S. FALL