« Il n’y a qu’un seul monde »
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« Le témoin-clé de ce que nos sociétés sont évidemment in-humaines est aujourd’hui le prolétaire étranger sans papiers : il est la marque, immanente à notre situation, de ceci qu’il n’y a qu’un seul monde. Traiter le prolétaire étranger comme venant d’un autre monde, voilà la tâche spécifique dévolue au « ministère de l’identité nationale », qui dispose de sa propre force de police (la « police aux frontières »).
Affirmer, contre un tel dispositif de l’État, que n’importe ouvrier sans papiers est du même monde que soi, et en tirer les conséquences pratiques, égalitaires et militantes, voilà un exemple type de morale provisoire, une orientation locale homogène à l’hypothèse communiste, dans la désorientation globale à laquelle seule sa réinstallation pourra parer. »
Alain Badiou in Le Monde, lundi 15 février 2010, p. 15






