Les députés italiens ont par un vote de confiance adopté le 14 mai 2009 la loi sur la « sécurité intérieure et l’immigration » qui entérine les promesses faites à leurs électeurs par Silvio Berlusconi et ses alliés de la ligue du Nord quant à la question de l’immigration. Le « paquet sécurité » qui a largement contribué à l’élection de la droite italienne lors des élections générales du printemps 2008 est aujourd’hui encore brandi à la veille des échéances européennes de juin 2009.
Cette loi largement inspirée par le parti xénophobe et populiste de la Ligue du Nord du ministre de l’intérieur Roberto Maroni, étale une batterie de mesures restrictives qui confinent à la violation des droits des migrants. Une évocation non exhaustive des mesures phares de la nouvelle loi légitimera assurément les cris d’orfraie poussés par la Gauche italienne et certaines organisations de défense des droits de l’Homme.
Le délit « d’immigration et de séjour » clandestin, créé par cette loi, est puni d’une amende pouvant aller jusqu’à 10.000 € et facilite la dénonciation à la justice de tout immigré en situation irrégulière. La durée légale de la rétention dans les « Centri di permanenza Temporanae » passe de deux à six mois. Désormais le fait d’héberger ou de louer un appartement à un immigré clandestin pourra être puni d’une peine d’emprisonnement qui peut atteindre trois années. Les « patrouilles citoyennes », actives dans certaines localités du Nord depuis quelques années, obtiennent avec cette nouvelle loi un statut légal. Ces milices, qui servent surtout à traquer les immigrés et les Roms, sont sous forme d’associations de citoyens qui effectuent des rondes pour prévenir les atteintes à l’ordre public.
Le recours à la procédure du vote de confiance est le dernier acte dans la surenchère clientéliste de la part du gouvernement de Silvio Berlusconi qui est, du reste, largement soutenu dans sa politique.
Il faut reconnaître que le lien fait par cette loi entre l’insécurité et l’immigration n’est pas singulier dans une Europe qui a adopté en juin dernier la directive « retours ». Et, il est à craindre que cette loi soutenue par 76% des Italiens n’inspire certains pouvoirs européens en crise de popularité.
D’ailleurs le gouvernement italien, ravigoté par le soutien populaire, cherche à endoctriner dans sa politique de durcissement en appelant l’Europe à « ne pas laisser l’Italie seule » et à convoquer une réunion extraordinaire de l’Union afin d’enrayer la vague d’immigration.
La vraie question reste à savoir ce que l’Europe gagnerait à rallier cette surenchère berlusconienne.
S. FALL
