Sondage et amalgame sur le site de l’UMP

Sur le site de l’UMP les internautes sont invités chaque semaine à donner leur avis dans la rubrique « Question de la semaine ». En prodrome aux développements du Pr Guéant sur l’inégalité des civilisations, les Français ont été consultés la semaine dernière en des termes on ne peut plus clair.

Et 54 % des sondés sont favorables à l’expulsion de ces « étrangers auteurs [d'] actes de délinquance » qui ont « fait de la violation de la loi pénale [leur] mode habituel de vie ».

« Ni une, ni deux » mais une pile d’OQTF*

Faites court ! entendent-elles souvent. Que demander si en plus d’être concis, c’est intelligible, précis, efficace et efficient. Ces quelques mots résument parfaitement le court métrage réalisé par Akéla Sari et Philippe Courtin pour témoigner des multiples violences dont sont victimes des milliers de femmes étrangères.

Ni une, ni deux raconte trois femmes venues d’ailleurs, trois étrangères victimes de violences, trois parcours affligeants devant les guichets des administrations chargées de leurs cas.

*OQTF : Obligation de Quitter le Territoire Français


Ni une, ni deux par comcimade

Poor Undocumented

Dans un excellent article du Monde diplomatique de juin 2010 sur la politique européenne en matière d’immigration, nous n’avons pas pu résister à cette mémorable saillie du Dr Pat Bertroche, Republican Candidate For US Congress:

« Je pense que nous devrions les attraper, les documenter,

s’assurer de savoir où ils se trouvent et ce qu’ils font.

En fait, je suis pour qu’on leur implante des micropuces.

Je peux poser une puce à mon chien pour le retrouver.

Pourquoi ne pourrais-je pas “pucer” un clandestin ? »

No comment !

Une avant-première qui ne court pas les rues

Invitation à l'avant-première

Invitation à l'avant-première de HARRAGAS

Dans son nouveau film, « Harragas », Merzak Allouache raconte une traversée de la Méditerranée, de Mostaganem (Algérie) à Almeria (Espagne), effectuée sur une embarcation de fortune par un groupe de jeunes Algériens prêts à prendre tous les risques pour échapper à leur pays – « si je reste, je meure » – et, enfin, accéder aux rives de l’« Eldorado européen » (télécharger ici le dossier de presse).

Ce qui les attend, nous le savons tous : ils seront arrêtés dès leur arrivée (mis en rétention, expulsés, régularisés ?) ou, peut-être, parviendront-ils à tromper la vigilance des gardes-côtes pour endosser le triste statut de clandestins, à moins que leurs cadavres ne soient retrouvés sur une plage ou que leurs corps ne demeurent à jamais disparus.

Dans tous les cas, c’est une histoire dramatique que le narrateur, Rachid, « ne souhaite à personne », mais qui, pourtant, dans la réalité, se reproduit à un rythme intolérable. Une fiction que Merzak Allouache nous propose comme une fenêtre qui s’ouvre, comme un contrechamp profondément humain sur ces jeunes gens en quête d’un avenir décent, qui invite les spectateurs à « garder le contact » avec eux et à refuser l’instrumentalisation de leur détresse que le débat sur l’identité nationale est en train de faire émerger en France.

La sortie d’Harragas aura lieu dans une trentaine de villes, le 24 février 2010.

Afin de mettre en œuvre le relais de l’information ainsi que l’animation des débats en partenariat avec les organisations concernées, nous serions heureux de vous accueillir à l’avant-première en direction des représentants de la société civile du samedi 16 janvier 2010.

Merci de confirmer votre présence : philippe.hague@gmail.com

Rendez-vous

C’est un homme sans histoire mais aussi sans pays, sans passeport, sans mémoire, sans bagage, sans meuble et sans archive. « Il y a des gens comme ça ». Exclu, rejeté, seul, il va reconstituer l’enfer du décor. Le pays maudit. La fuite, le passeur. L’arrivée en France… L’accueil ! Brutalité de l’exclusion. Rudesse de la question.
« Lumière. Phares. Sifflet. Sirène. Bottes ? Chiens. POLICE ». Langage articulé, désarticulé, éclaté, brisé, en vrac. Bribes de conversations. Amours maladroites. Souvenirs à vif. Vaines tentatives. Feintes, ruses, esquives. Froideur du langage administratif. Apprentissage de la langue. Conjugaisons. Colères… Alexandra Badea restitue ces instants volés à la détresse, au désarroi, à l’intimité glacée des peurs. Elle nous propose des paroles nues, crues, brutes, abruptes… Abruptes comme la peur au ventre. Abruptes comme des mains sur un capot de voiture, comme des bras levés sous la menace, comme un contrôle dans les couloirs d’un aéroport, comme un tutoiement déplacé, comme une fouille, comme une traque, comme… un contrôle d’identité.
Bernard Magnier

Rendez-vous donc du 15 au 26 septembre 2009 au Tarmac de la Villette !

Représentations du mardi au vendredi à 20h et le samedi à 16h. Relâche les dimanche et lundi.
Parc de la Villette – 211, avenue Jean Jaurès – 75019 Paris – Location : 01 40 03 93 95
http://www.letarmac.fr

Et pour les personnes débordées en septembre, séances de rattrapages prévues en octobre:
17 octobre 2009 / Centre culturel Robert Desnos
Représentation à 20h30.
Allée Jean Wiener – 91130 Ris-Orangis – Location : 01 69 02 72 72

22 octobre 2009 / Collectif 12, Friche André Malraux
Dans le cadre du festival Jeunes zé jolie. Représentation à 20h30.
- 174, boulevard du Maréchal Juin – 78200 Mantes-la-Jolie – Location : 01 30 33 22 65
http://www.collectif12.org

Contrôle d’Identité
Écrit et mis en scène par Alexandra Badea
Chorégraphie : Serge Aimé Coulibaly
Création lumières : Philippe Amblard
Création vidéo : Emilie Aussel
Avec Madalina Constantin, Corentin Koskas, Razvan Oprea (détaché du Théâtre national I. L. Caragiale de Bucarest), Carine Piazzi
Production : Compagnie Europ’artes
Co production : le Tarmac de la Villette ; Arcadi
Aide à la création et production de la Commission internationale du Théâtre Francophone
Avec le soutien du Collectif 12 de Mantes-la-Jolie ; du Centre culturel Robert Desnos de l’agglomération d’Evry Centre Essone ; de l’Institut culturel Roumain, Paris ; Art Act.

Texte publié en août 2009 chez l’Arche Editeur.