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	<title>PEREGRINUS &#187; Opinions</title>
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		<title>Hommage à une victime de la politique d&#8217;immigration : il est venu, il en a bavé et il est mort sans voir son garçon</title>
		<link>http://www.peregrinus.fr/il-est-venu-il-en-a-bave-et-il-est-mort-sans-voir-son-garcon</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 13:48:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falco</dc:creator>
				<category><![CDATA[Immigration et réglementation]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans la nuit du 1 au 2 janvier 1970, cinq travailleurs immigrés africains moururent dans un foyer à Aubervilliers. Ce drame avait révélé à l&#8217;opinion publique française les dures conditions de vie dans lesquelles vivaient ces « travailleurs du Tiers-Monde &#8230; <a href="http://www.peregrinus.fr/il-est-venu-il-en-a-bave-et-il-est-mort-sans-voir-son-garcon">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.peregrinus.fr/wp-content/uploads/2011/11/strange.jpg"><img src="http://www.peregrinus.fr/wp-content/uploads/2011/11/strange.jpg" alt="" title="Etranges étrangers" width="336" height="448" class="aligncenter size-full wp-image-598" /></a><br />
Dans la nuit du 1 au 2 janvier 1970, cinq travailleurs immigrés africains moururent dans un foyer à <a href="http://www.aubervilliers.fr/actu5461.html" target="_blank">Aubervilliers</a>. Ce drame avait révélé à l&#8217;opinion publique française les dures conditions de vie dans lesquelles vivaient ces « travailleurs du Tiers-Monde », au point de gagner le patronage d&#8217;intellectuels comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Kateb_Yacine" target="_blank">Kateb Yacine</a>, <a href="http://www.dailymotion.com/video/xa0zxd_jean-paul-sartre-1sur4_webcam" target="_blank">Jean-Paul Sartre</a> et <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-09-30-Rocard" target="_blank">Michel Rocard</a>, alors secrétaire national du PSU et pas encore fasciné par l&#8217;idée reçue selon laquelle accueillir l&#8217;immigration c&#8217;est héberger « toute la misère du monde ». </p>
<p>Quarante-un ans plus tard, des immigrés meurent toujours dans des circonstances injustes, mais aujourd&#8217;hui le sentiment de révolte légitime et escompté devant cette horreur semble s&#8217;être consumé avec le temps. </p>
<p>Le 3 novembre 2011 ce destin macabre des immigrés a frappé un proche que j&#8217;appellerai ici « Mon Ami », dont la mort serait officiellement sans rapport apparent avec sa condition de sans-papiers. Mais je ne peux m&#8217;empêcher d&#8217;établir une corrélation entre sa triste fin et <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/05/07/la-politique-d-immigration-de-m-sarkozy-a-cree-un-sentiment-d-anxiete-selon-m-weil_1042227_823448.html" target="_blank">le durcissement exceptionnel de la politique d&#8217;immigration en France</a>.</p>
<p>« Mon Ami » ne fait pas partie de cette catégorie de <a href="http://www.regards.fr/nos-regards/eric-fassin/omar-ba-une-imposture-bonne-a" target="_blank">migrants qui excitent les médias parce qu&#8217;ils ont bravé la mer en barque</a> pour échouer moribonds sur les plages européennes, ni des clandestins de Calais qu&#8217;on voit s&#8217;automutiler pour masquer leurs empreintes digitales dans le poignant <a href="http://www.quilsreposentenrevolte.com/SITE_OFFICIEL/home.html" target="_blank"><em>Qu&#8217;ils reposent en révolte</em> de Sylvain Georges</a>. Il n&#8217;en était pas moins un sans-papiers, arrivé légalement en France il y a neuf ans, laissant derrière lui son épouse et un nourrisson. Juriste spécialiste des droits de l&#8217;homme, « Mon Ami » écorché par une précarité sans appel a décidé de quitter ses chères amours &#8211; sa petite famille et son Sénégal &#8211; pour recouvrer une dignité de père, d&#8217;époux et de travailleur en France. </p>
<p>Durant neuf années passées sur le territoire français, « Mon Ami » qui s&#8217;est volontiers inséré professionnellement a engagé toutes les procédures possibles et légales pour régulariser sa situation. Devant sa détermination respectueuse des lois et règlements qui régissent ce pays, les autorités décisionnaires ont opposé un refus immuable. </p>
<p>Pendant ce temps et dans l&#8217;espoir d&#8217;une régularisation de son statut de travailleur étranger, il entretenait grâce à Skype un contact virtuel avec son épouse et son bébé d&#8217;alors &#8211; devenu un garçon de neuf ans. Le 19 octobre 2011 vers 18h30, alors qu&#8217;on était dans un café sis à la rue de Clignancourt à Paris, un sms atterrissait sur le téléphone portable de « Mon Ami ». Après lecture, son sourire suggestif illumina son visage : « Mes chers amis, j&#8217;aime bien votre compagnie mais l&#8217;appel de l&#8217;amour a sonné ! », nous lança-t-il avant de prendre congé de nous. Ce sms était le signal envoyé par sa femme et son garçon qui l&#8217;attendaient pour une visioconférence sur Skype. </p>
<p>Pour moi, ce fut la dernière fois que je le voyais. Pour son épouse et son garçon, il y a eu sans doute d&#8217;autres discussions sur Skype, avant que l&#8217;on ait retrouvé le samedi 5 novembre, quarante-huit heures après sa mort, le corps inerte de « Mon Ami » dans la chambre où il vivait seul. Neuf ans après son entrée en France, il mourut ainsi sans avoir revu son fils. Personne ne me fera croire que la cynique <a href="http://www.lacimade.org/uploads//CITE_echecpolitiquesimmigrations.pdf" target="_blank">politique d&#8217;immigration</a> en cours depuis près d&#8217;une dizaine d&#8217;années n&#8217;y est pour rien.</p>
<p><a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/jerome-valluy/201111/quils-reposent-en-revolte-un-film-sur-la-barbarie-democratique" target="_blank">« Barbarie démocratique »</a>, je confirme !</p>
<p class="author-link"> <a href="http://www.peregrinus.fr/author/admin" rel="author">Falco</a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Embouchons nos sifflets contre cette faim qui tue !</title>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2010 19:29:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falco</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[faim]]></category>
		<category><![CDATA[FAO]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans une tribune publiée sur lemonde.fr, Jacques Diouf, le directeur général de la FAO, s&#8217;indigne du sort réservé par les leaders politiques au traitement de la cruelle tragédie de la faim dans le monde. Alors que ce désastre décime depuis &#8230; <a href="http://www.peregrinus.fr/embouchons-nos-sifflets-contre-cette-faim-qui-tue">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans une tribune publiée sur </strong><a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/25/un-homme-affame-est-un-homme-en-colere-par-jacques-diouf_1362651_3232.html#xtor=RSS-3232"><strong>lemonde.fr</strong></a><strong>, Jacques Diouf, le directeur général de la FAO, s&#8217;indigne du sort réservé par les leaders politiques au traitement de la cruelle tragédie de la faim dans le monde. Alors que ce désastre décime depuis plusieurs années les populations des pays pauvres, les leaders politiques &#8211; ceux dont les actes ont des conséquences sur des millions de vies &#8211; semblent plus préoccupés à sauver les banques et autres acteurs du système financier. La faim, elle leur paraît si éloignée géographiquement (Afrique, Asie, autres habitués de la liste) qu&#8217;aucune urgence ne se justifie, ceci malgré des cas bien réels de malnutrition dans les sphères occidentales.</strong></p>
<p>Quelques extraits de la colère de Jacques Diouf :</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="384" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xb3na5" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="384" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xb3na5" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<blockquote><p>« Le nombre de personnes souffrant de faim et de malnutrition a augmenté de plus de 100 millions en 2009. Toutes les six secondes sur l&#8217;ensemble de la planète, un enfant meurt de faim ou de maladie liée à la malnutrition, soit plus de 5 millions d&#8217;enfants chaque année.</p>
<p>Depuis le milieu des années 80, au lieu de voir augmenter la part de l&#8217;agriculture dans l&#8217;aide publique au développement, c&#8217;est une diminution de 43 % qu&#8217;a subi cette aide supposée permettre aux pauvres d&#8217;assurer leur auto-suffisance alimentaire.</p>
<p>En Italie, à L&#8217;Aquila, lors du sommet du G8 en juillet dernier, les chefs d&#8217;Etat et de gouvernement de la planète se sont solennellement engagés à mobiliser 22 milliards de dollars sur trois ans en faveur du soutien aux pauvres et aux affamés dans les pays en développement afin qu&#8217;ils puissent produire eux-mêmes leur nourriture. Mais dix mois plus tard, en dépit de tous les efforts fournis pour assurer le suivi de ces engagements, en dépit de la création d&#8217;un fonds de la Banque mondiale pour une agriculture globale et un programme de sécurité alimentaire, quelle part de ces engagements a-t-elle été versée aux petits exploitants agricoles des pays les moins développés ? Une part insignifiante.</p>
<p>Je veux que vous siffliez aussi fort que possible afin de faire comprendre au monde qu&#8217;à ce moment précis, un milliard d&#8217;êtres humains souffrent de la faim au moment précis où vous sifflez, que vingt à trente enfants sont morts pendant que vous lisiez ces quelques lignes. Je veux que vous siffliez pour dire que c&#8217;est inacceptable et que vous voulez que ça cesse. Tout de suite. »</p></blockquote>
<p>Signez la pétition à cette adresse  <a href="http://www.1billionhungry.org/">www.1billionhungry.org</a></p>
<p class="author-link"> <a href="http://www.peregrinus.fr/author/admin" rel="author">Falco</a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Pour le respect d&#8217;une vulgaire liberté</title>
		<link>http://www.peregrinus.fr/pour-le-respect-dune-vulgaire-liberte</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Apr 2010 06:42:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falco</dc:creator>
				<category><![CDATA[Immigration et réglementation]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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		<description><![CDATA[Lésé par une politique aveugle de fermeture des frontières, alors qu’il souhaitait de la manière la plus naturelle partager un moment fort de sa vie avec sa propre mère, le docteur Ibrahim Guèye exprime ici son sentiment de frustration aux &#8230; <a href="http://www.peregrinus.fr/pour-le-respect-dune-vulgaire-liberte">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Lésé par une politique aveugle de fermeture des frontières, alors qu’il souhaitait de la manière la plus naturelle partager un moment fort de sa vie avec sa propre mère, le docteur Ibrahim Guèye exprime ici son sentiment de frustration aux autorités concernées.</strong></p>
<p><strong><a href="http://www.peregrinus.fr/wp-content/uploads/2010/04/liberte-bonhomme.gif"><img class="aligncenter size-full wp-image-288" title="liberte-bonhomme" src="http://www.peregrinus.fr/wp-content/uploads/2010/04/liberte-bonhomme.gif" alt="liberte-bonhomme" width="296" height="283" /></a><br />
</strong></p>
<p align="right">
<p align="right"><span style="text-decoration: underline;">Paris, le 31 Mars 2010</span></p>
<p><strong>Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur le Consul Général de France à Dakar</strong></p>
<p>Son Excellence Monsieur le Consul Général</p>
<p>L’indifférence que vous avez affichée ne me laisse pas d’autre choix que de vous adresser une lettre ouverte pour protester vivement contre le tort que vous avez causé à ma mère et à moi-même.</p>
<p>Mon histoire est la suivante.<span id="more-287"></span> Ma mère a déposé une demande de visa de court séjour pour venir assister à ma soutenance de thèse de doctorat en droit à Paris. La soutenance était initialement prévue le jeudi 7 janvier 2010. Après avoir déposé son dossier le 30 décembre 2009, vos services lui ont donné rendez-vous le 4 janvier, vu qu’elle avait fait une réservation pour le 5 janvier 2010.</p>
<p>Le moment venu, elle s’est vue refuser le droit d’aller assister à la soutenance de thèse de son fils.</p>
<p>Le rendez-vous du 7 janvier n’eut hélas pas lieu. La nature s’en est mêlée, empêchant un avion qui devait transporter un membre du jury de décoller de Toulouse car il y avait une intempérie de neige. La soutenance fut reportée au jeudi 28 janvier 2010.</p>
<p>Ma pauvre mère reconstitua un dossier, en espérant que le coup du sort qui a fait reporter ma soutenance du 7 janvier allait produire le coup de miracle qui fera en sorte qu’elle puisse assister son fils en étant présente à ses côtés, le jour de sa soutenance de thèse.</p>
<p>Un rendez-vous est à nouveau pris pour le 19 janvier et le 21 janvier vos services lui ont encore dit non malgré toutes les dispositions qu’on a prises, malgré le fait qu’elle ait été invitée par l’Ecole doctorale de mon université, malgré toutes les garanties que nous vous avons données.</p>
<p>Son Excellence Monsieur le Consul, en vertu de quelle logique une mère n’a-t-elle pas le droit d’assister à la soutenance de thèse de son fils ?</p>
<p>Votre refus injuste et injustifié signifie qu’elle n’est pas digne de fouler le sol français pour assister à un événement qu’elle attendait depuis plus de huit ans.</p>
<p>Votre comportement traduit l’idée qu’une mère française serait plus mère de son enfant que ne l’est une mère sénégalaise, une mère africaine.</p>
<p>Si vous nous avez traité de la sorte, c’est parce que nous appartenons à un pays pauvre. Mais la pauvreté n’est pas une tare et une mère issue d’un pays pauvre a le droit d’aller voir son fils pour une si bonne raison. De toute façon, une mère a toujours le droit de rendre visite à son enfant sans avoir à fournir de motif.</p>
<p>Son Excellence Monsieur le Consul, la liberté d’aller et de venir est un droit universel, comme aménagé dans l’article 13 alinéa 2 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 qui dispose : <em>« Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ».</em></p>
<p>Quand je pense que la France a la prétention d’aller enseigner aux peuples du monde entier ce que c’est que les droits humains parce qu’elle serait le pays des droits de l’Homme, permettez-moi de vous dire que c’est une bien regrettable façon de donner l’exemple.</p>
<p>Être issu d’un pays pauvre est certes un handicap, ce n’est point une tare. Etre ressortissant d’un pays riche est certes un avantage, en aucun cas un mérite. Surtout quand on sait que la France a été construite avec, aussi, la force des fils d’Afrique, qui ont défendu l’honneur de votre patrie en versant leur sang. Je passe sur nos ressources et nos richesses qui ont été pillées par qui vous savez.</p>
<p>Il n’est pire forme de mépris que de dire à une personne qui vient demander un visa à vos services, <em>« nous refusons, nous ne vous disons pas pourquoi et vous n’avez pas à demander pourquoi non plus ».</em> Le pouvoir discrétionnaire dont se prévalent vos services pour refuser toute justification et toute explication ne saurait justifier le mépris et l’humiliation. Votre politique en la matière gagnerait à avoir plus d’humanité, de logique, de panache et de grandeur.</p>
<p>Vous avez humilié une mère, vous avez blessé et frustré son fils qui, au soir du 28 janvier 2010, a trouvé que son grade de docteur avait un goût amer parce qu’il aurait légitimement aimé avoir sa mère à ses côtés. Cette façon de rabaisser tout un peuple en leur montrant chaque jour que vous ne voulez pas d’eux chez vous ne grandit point la France.</p>
<p>Peut-on sérieusement croire qu’une femme de 62 ans risque d’émigrer en France en laissant ses enfants, son domicile et tous ses proches au Sénégal ?</p>
<p>Mieux, ce n’est point élégant de pendre les 40 000 FCFA des gens (environ 60 euros) sans les leur rembourser si vous savez au moment même du dépôt du dossier que vous n’avez pas l’intention d’honorer leur demande. Vous vous dites sans doute que vous allez décourager les pauvres Africains en tapant sur le portefeuille.</p>
<p>Mais, Son Excellence Monsieur le Consul, nous avons, comme tous les peuples du monde le droit de voyager, de découvrir, de visiter. Ce n’est pas un privilège qui est réservé aux Français et aux riches.</p>
<p>Vous savez Monsieur le Consul, la roue de l’histoire, elle tourne et un jour viendra, sans doute, où les choses changeront.</p>
<p>Il nous suffit d’avoir des dirigeants respectables et pas complexés pour défendre nos droits et notre honneur. On ne l’attend certainement pas de ceux qui nous gouvernent aujourd’hui !</p>
<p>Permettez-moi de vous laisser méditer cette phrase de Montesquieu : <em>« Si je savais une chose qui fut utile à ma nation mais nuisible à une autre, je ne la proposerais pas à mon Prince parce que je suis homme avant d’être français, parce que je suis (nécessairement) homme mais je ne suis français que par hasard ».</em></p>
<p>Être homme est la constante qui nous unit et qui devrait nous réunir ; être Européens, Africains, Français ou Sénégalais est le fruit du hasard !</p>
<p>Son Excellence Monsieur le Consul, tous les peuples ont une égale dignité, et priver une mère du plaisir d’assister à la soutenance de thèse de son fils sans aucun motif, sans aucune raison, juste pour le plaisir est un acte qui n’honore pas la France.</p>
<p>Je vous prie de croire, Son Excellence Monsieur le Consul, à mon sentiment de respect pour l’HOMME que vous êtes.</p>
<p><strong>Ibrahim GUEYE</strong></p>
<p><strong>Docteur en droit &#8211; Paris</strong></p>
<p><span style="color: #0000ff;">gueyeibrahim@yahoo.fr</span></p>
<p class="author-link"> <a href="http://www.peregrinus.fr/author/admin" rel="author">Falco</a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Tant que nos frères marcheront</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 21:10:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falco</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration et réglementation]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>

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		<description><![CDATA[« Témoigner… Témoigner jusqu&#8217;à ce que la sidération se répande et que les foules se lèvent » Ce texte est issu d&#8217;un ouvrage collectif sur la rétention administrative, qui sera publié en septembre 2010 aux Editions Actes Sud. C&#8217;est le &#8230; <a href="http://www.peregrinus.fr/tant-que-nos-freres-marcheront">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080;">« Témoigner… Témoigner jusqu&#8217;à ce que la sidération se répande et que les foules se lèvent »</span></strong></p>
<p><strong>Ce texte est issu d&#8217;un ouvrage collectif sur la rétention administrative, qui sera publié en septembre 2010 aux Editions Actes Sud. C&#8217;est le témoignage de </strong><strong>Eve-Marie Chrétien</strong><strong>, ancienne intervenante de La Cimade au centre de rétention de Massy Palaiseau.</strong></p>
<p><strong><a href="http://www.peregrinus.fr/wp-content/uploads/2010/03/bandeau-newsletter.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-259" title="bandeau-Cimade" src="http://www.peregrinus.fr/wp-content/uploads/2010/03/bandeau-newsletter.jpg" alt="bandeau-Cimade" width="591" height="103" /></a><br />
</strong></p>
<p>On me dit que je ne serai plus dedans. Que demain, c’est le dernier jour. Qu’après celui-là, il n’y en aura plus d’autre. Après, je ne serai plus dedans, me dit-on sans tenir compte du théorème de Bonnefoy : ici peut devenir là-bas, sans cesser d’être.</p>
<p>Nous avons pénétré l’impénétrable. Dans un sens, et dans l’autre. Dehors, dedans, dehors à nouveau, puis dedans encore. Nous nous sommes déplacés sur les frontières. La frontière, là, juste là… celle entre la fin du trottoir et le début de la grille électrique, sous les caméras. La frontière entre ceux qui ont éprouvé la rétention dans leur corps et dans leur temps et ceux qui sont autour. La frontière entre la loi et la justice. La frontière entre la zone libre, et la zone d’enfermement. Et c’est en nous tenant sur ce milieu-là qui nous sectionne, que nous avons sans doute éprouvé, et vécu ce qu’il y a de plus universel en nous-mêmes et en chacun.</p>
<p>Oui, de ce côté de la grille, l’Homme est Homme. D’où qu’il vienne, Bhoutan, Tchétchénie, Brésil, Chine, Ethiopie, Roumanie, il est le même quand il est cerné de murs. D’où qu’il vienne, prison, squat, pavillon, campement, hôpital, aéroport, il est le même quand il se voit voler son espérance, trésor de l’Humanité. Les centres de rétention : des entrepôts au bord d’une falaise. Oui, de ce côté de la grille, nous avons été avec eux, pour la Cimade et nous avons vu du monde. Et puis de plus en plus de monde. Et toujours plus. Jusqu’à ce que nous ne voyions même plus les visages.</p>
<p>Pourtant aucun rythme ne pourra nous éloigner de ce que nous avons à dire : il y a ceux qui arrivent pour la première fois en rétention. Ceux qui trouillent comme des fous et que la trouille empêche complètement d’écouter et de comprendre ce qu’on leur explique. Ceux que la trouille élève et mobilise, et qui ont naturellement les réactions  les plus efficaces. Ceux qui ont une trouille à vous insuffler des tonnes d’énergie.</p>
<p>Ceux qui savent que les nuits sont indormables ici, et qui voudraient, au moins dans leurs rêves, pouvoir disposer d’eux-mêmes. Il y a ceux qui ont traversé la Lybie, le Liban, la Turquie et la Grèce et dont l’élan a aboli la peur. Ceux qui ont confiance en leur étoile, Allah ou le consul. Ceux qui sortent de prison et qui sont presque heureux en rétention. Oui, vous pouvez téléphoner ici. Oui, vous pouvez avoir de la visite ici. Ici, c’est génial. Une fois les premiers jours passés, ils comprennent ce qu’est la double peine et ils deviennent en colère.<span id="more-258"></span></p>
<p>Il y a ceux qui se rassurent en prenant soin des autres retenus. Il y a ceux qui sont ultra polis avec les flics et qui se marrent à leurs blagues. Ceux qui pensent que la jovialité et le respect vont peser en leur faveur. Ceux qui passent leur temps à demander du crédit aux autres retenus, pour appeler leur famille. Ceux qui n’ont pas d’autre famille que leurs collègues du foyer avec qui ils cassent la pierre depuis trente ans. Ceux qui dépendent du ministère des Maliens de l’extérieur.</p>
<p>Il y a ceux qui écarquillent les yeux quand on leur dit que la police ne va pas les relâcher et que la rétention, c’est vraiment, sérieusement, sans rire monsieur, dans le but de vous expulser. Y’a ceux qui viennent vous voir toutes les heures pour vous dire qu’ils voudraient bien faire la même chose que monsieur X. « L’appel… moi aussi je veux le faire. Moi aussi, je veux aller à l’hôpital. Moi aussi, je veux sortir. Vous avez fait sortir monsieur Diarra, faites-le aussi pour moi .»</p>
<p>Y’a ceux que vous ne voyez même pas, parce qu’ils sont expulsés dans la nuit qui suit leur arrivée : ils ne sont rien de plus qu’une photo sur le trombinoscope du lendemain matin. Y’a ceux qui arrivent dans votre bureau d’un pas rapide et décidé et qui vous disent :<br />
« Madame, je veux écrire à Nicolas Sarkozy, je suis compagnon d’Emmaüs et j’ai fait l’Afghanistan .»</p>
<p>Y’a ceux qui n’en reviennent pas d’être là et qui gesticulent en boucle. « Mais toute ma famille est française ?!?! » Ceux qui ne comprennent pas ce que vous leur expliquez parce qu’ils sont non-francophones, perdus ou psychotiques. Ceux qui, quand vous leurs demandez comment ils ont été arrêtés, éprouvent le besoin de commencer d’abord par raconter tout le reste, en vrac. Ceux qui posent des questions. Ceux qui écoutent silencieusement et qui secouent la tête tristement en disant : « Ah la belle France… » Y’a ceux qui abattent leur contact RESF ou CGT comme un As sur la table. Ceux qui pleurent. Leurs épaules se relèvent quand on leur dit qu’ils sortiront le lendemain parce qu’il y a un vice de procédure. Des tournesols face au soleil. Y’a ceux qui avalent leur brosse à dent ou des morceaux du cadran de leur montre. Ceux qui déposent sur le bureau, une valise de documents. Vingt cinq ans de fiches de paye, vingt cinq ans d’impôt. Ils sont là depuis début Mitterrand.  Depuis le décès de Truman Capote. Il y a ceux qui ont un choc cognitif.</p>
<p>Il y a ceux qui n’en sont pas à leur première rétention. Deux, neuf ou dix-sept fois. Ils ont été enfermés sous d’autres lois, dans plusieurs centres, en 91, en 2002. Ils ont une connaissance de l’histoire de la rétention. Il y a les très habitués, ceux qui cachent sous leur sourire d’habitué, une amertume qui creuse leurs joues et leur âme. Y’a ceux dont les « Madame je vous en supplie… » sont fonction du degré de rage ou de désespoir. Y’a ceux qui sont amorphes. Y’a ceux qui sont professeur de physique-chimie et ceux qui viennent d’avoir 18 ans. Ceux qui sont handicapés. Ceux qui ont quatre enfants. « Fatou, Aissatou, M’Baye et Bintou. Ils vont tous à l’école à Asnières, Madame. Ce sont de bons enfants, ils ont besoin de moi ». Ceux qui sont chrétiens d’Algérie et qui ont la trouille parce que leurs co retenus sont tous musulmans. Ceux qui ont été arrêtés pendant qu’ils conduisaient leur mère à sa chimio. Ceux qui ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de voler le sac d’une vieille veuve orpheline ruinée et malade.</p>
<p>Il y a ceux qui vous racontent comment la police angolaise a versé de l’acide dans leurs oreilles de Cabindais. Ceux qui ont été maçons pour la ville et qui ont participé à la rénovation de la Tour Eiffel. Ceux qui ont été arrêtés en caleçon et qui arrivent au centre en caleçon. Ceux que vous revoyez tous les trois mois et qui arrivent  de moins en moins à construire leur vie. A chaque passage en rétention, c’est une ride en plus, le dos un peu plus courbé, l’œil moins vif. A chaque passage en rétention, la marque de l’étouffement s’imprime plus profondément en eux.</p>
<p>Il y a ceux qui allaient juste se marier. Vendredi ou le mois prochain. La robe, les bagues, et les invités étaient prêts. Ceux qui passent l’entretien à être appelés sur leur portable par leur amoureuse. « Mais pleure pas chérie, demain le juge, c’est bon, j’te jure .» Ceux qui jouent aux dames avec des bouchons de bouteilles en plastique pour s’occuper.</p>
<p>Y’a ceux qui se taillent les veines le premier jour. Y’a ceux qui chauffent les flics pour passer leur nerfs. Ceux qui restent calmes, qui ne disent jamais rien et qui sont libérés en silence. Y’a ceux qui ont besoin de prendre soin de vous et qui vous payent un thé au distributeur pendant que vous rédigez leur recours. Y’a ceux qui parlent une langue dont vous n’avez jamais entendu le nom avant de les rencontrer. Y’a ceux qui pleurent en écoutant. Ceux qui écoutent en pleurant. Toutes ces informations. On leur dit : « Il va vous arriver ça, puis ça et ensuite ça. Il faudra dire ça, vous pouvez demander ça. Pour ça il vous faut un passeport, pour ça il vous faut un avocat. Pour ça, il vous faut de nouveaux éléments. Pour vous, ça ira très vite .» Y’a ceux qui prennent ça à bras-le-corps, qui s’organisent. Ceux qui se fanent un jour après l’autre, au fur et à mesure, ils deviennent effrayés, résignés ou hystériques. Ceux qui essayent de se pendre avec le chargeur de leur téléphone. Y’a ceux qui ont une combine avec le consulat. Ceux qui préfèrent l’expulsion à l’enfermement. Ceux qui préfèrent la mort à l’expulsion. Ceux qui ont besoin de l’expulsion parce qu’ils veulent rentrer chez eux et n’ont pas d’argent pour le billet.</p>
<p>Il y a ceux qui passent leur temps à prier. Il y a ceux qui se regroupent par nationalité et ceux qui se regroupent par niveau de gravité estimé de leur situation. Il y a ceux qui sont seuls parce qu’ils sont le seul Vietnamien du centre. Personne ne parle leur langue, à eux. Seuls tout le temps. Y’a ceux qui se font apporter par des visiteurs du shampoing, des gâteaux ou du shit. Des gâteaux pour tenir le coup. Mais rien de fait maison, hein ! De la nourriture dans un emballage fermé, sinon les flics confisquent.  Il y a ceux qui voudraient lire mais ne peuvent pas. Les livres sont interdits.</p>
<p>Ceux qui se cognent la tête contre les murs jusqu’à ce qu’il y ait du sang partout, et que les flics mettent en isolement comme si cela pouvait les neutraliser. Y’a ceux qui disent qu’ils ont 16 ans alors qu’ils en ont 45. Ceux qui s’appellent Abdelkader ou Jean-Eudes. Ils y a ceux qui vous captivent par leur récit et ceux qui vous apprennent un morceau du monde dans lequel vous vivez.</p>
<p>Y’a ceux qui ont des crises de terreur, ceux qui ont été dénoncés par leur banque ou par la caissière de la Fnac. Ceux qui ont été interpelés pour avoir pris le couloir de métro en sens interdit. Ceux qui ont été arrêtés pour avoir pivoté de la tête à la vue des flics, ce qui constitue un début de soupçon de quoi que ce soit. Le soupçon permanent. Il y a ceux qui sortent de 12 ans de taule parce qu’ils ont fumé un gars. Il y a ceux dont le premier enfant naît alors qu’ils se trouvent en rétention : dans le bureau de la Cimade, on cherche à créer l’illusion… on leur paye un thé en discutant comme si de rien n’était du poids du bébé, et de comment va la maman.</p>
<p>Il y a ceux qui ne veulent pas vous voir pendant les quatre premiers jours et qui soudain veulent faire un recours quand le délai est dépassé. Il y a ceux qui sont en uniforme et qui obligent les autres à rester enfermés.</p>
<p>Il y a ceux qui vous demandent : « Ils vont quand même pas utiliser la force, non, dites madame, ils n’ont pas le droit de nous frapper hein, ici c’est la France, hein ? » Il y a ceux pour qui on sait tout de suite ce qu’on va faire et comment on peut le faire. Ceux dont la situation se révèle au fil des jours et des contacts. Ceux qui viennent de la rue et qui suffoquent parce qu’ils n’ont jamais vu de mur. Ceux qui vont mourir si on les renvoie dans leur pays. Ceux qui sont vraiment morts après avoir été expulsés.</p>
<p>Ceux qui jouent au babyfoot ou qui font des pompes tout le temps. Y’a ceux qui annoncent devant vous à leur mère qu’ils ont échoué et qu’ils rentrent menottés au pays : leur voix fière et sereine tient la route le temps de l’appel, s’éteint aussitôt qu’ils raccrochent et ils s’effondrent devant vous. Ceux qui ne comprennent pas pourquoi le consulat leur délivre un laissez-passer sans même les avoir rencontrés. Il y a ceux qui se cachent dans les placards pour que les flics ne les trouvent pas au moment du départ vers l’aéroport.</p>
<p>Ceux qu’on ne connaît que par le briquet qu’on leur tend dans la cour quand ils veulent allumer une cigarette. Ils préfèrent nous demander plutôt qu’aux flics. Y’a ceux qui vous font penser à votre oncle paternel… les mêmes yeux ! Ceux qui ont gardé le ticket de caisse des couches qu’ils ont acheté l’année dernière à leur bébé, juste au cas où la préfecture leur demanderait de prouver qu’ils aiment vraiment leur enfant français. Ceux qui dorment depuis quatre ans, une valise à côté de leur lit. Ceux qui disent : « C’est fini pour moi, j’en peux plus, c’est fini… je ne peux plus supporter ça. » Il y a ceux qui s’évadent de l’enclos par des méthodes ingénieuses, qui prennent leur liberté sans attendre qu’on la leur rende. Ceux qui se mettent tout nus au milieu de la cour. Ceux qui demandent à parler au chef de centre directement.</p>
<p>Ceux qui ont peur du juge et qui se taisent. On leur dit : « Vous avez le droit de parler, n’hésitez pas, ne vous laissez pas impressionner par le juge, la salle et l’audience .» Ceux qui se défendent comme des lions et qui s’adressent au magistrat comme s’il était un passant. Ceux qui le mettent face à ses responsabilités. Il y a ceux qui ont les clés des portes et qui se demandent ce qu’ils foutent là, à enfermer des gens juste parce qu’ils sont étrangers.</p>
<p>Il y a les toxs foutus, les engagés politiques, les pères de famille, les étudiants, les sortants de prisons. Ceux qui se la pètent parce qu’ils ont un super avocat qu’ils payent super cher et qui leur a juré 100% qu’il les ferait sortir. Il y a ceux qui bossent pour une association qui connaît les étrangers, ils se présentent à tous les nouveaux arrivants en leurs disant : « Alors moi je travaille pour une association qui s’appelle La Cimade, je ne suis pas la police, je suis là pour vous aider et vous expliquer où vous êtes, ce que vous pouvez faire pour vous défendre, et comment les choses peuvent se passer. » Ceux-là parfois, ont la tristesse. Ca se voit à l’œil nu. La tristesse du fond du ventre qui vient quand on a senti le froid obscur du désespoir d’un frère. Ils ont la hargne jusqu’à faire chier le préfet de l’Aube à l’aube, le week-end et les jours fériés.</p>
<p>Il y a ceux qui arrivent dans le bureau à 9 heures du matin, le visage endormi, bouffi par la nuit, et qui nous font nous demander comment on dort quand on ne voit pas demain. Ceux qui viennent discuter de l’Histoire des relations entre le Mali et la Côte d’Ivoire avec vous dans le bureau, quand vous avez un peu de temps. Ceux qui sont prostrés. Ceux qui ont été tabassés. Ils arrivent dans la zone de vie, une marque de ranger trônant sur leur torse. Ceux que les flics ont sortis du lit conjugal, laissant leur femme sans voix, sans geste et sans famille. Ceux qui téléphonent à leurs enfants : « Tu travailles bien à l’école, hein ? Papa ne sait pas quand il va revenir à la maison, mais tu travailles bien… »</p>
<p>Il y a ceux dont on se dit, pendant qu’ils nous racontent comment leur femme a été coupée en rondelle par les rebelles, « purée, qu’il est beau, ce mec ! ». Il y a ceux qui s’occupent de la santé des retenus et qui leurs filent des cachets abrutissants pour que l’embarquement se passe plus calmement. Ceux qui font une grève de la faim tellement ils sont indignés de ce qu’on leur fait subir. Il y a ceux qui nous agacent sans qu’on sache pourquoi. Ceux qui attrapent des boutons sur toute la figure dès le premier jour à cause de l’angoisse. Ceux dont la libération nous fait monter les larmes tellement on a eu peur avec eux, tellement on s’est mobilisé du cerveau, du temps et de l’âme. Y’a ceux qui ont été traducteur officiel de la préfecture au tribunal, et qui se retrouvent devant le même tribunal pour leur propre expulsion.</p>
<p>Ceux qui n’ont personne à appeler pour prévenir qu’ils sont enfermés. Ceux qui ont marché des milliers de kilomètres et qui sont en France depuis à peine quelques jours : accueillis par des barbelés. Il y a des ingénieurs, des vendeurs de pneus. Des ouvriers, des sociologues, des fils de Président. Des employés de cirque, des écrivains de pièces de théâtre. Il y a ceux qui sont en danger, en tristesse ou en colère. Ceux qui sont en perplexité. Y’a ceux qui trouvent qu’on ne fait rien pour eux. Y’a ceux qui payent 3000 euros un avocat véreux qui ne viendra jamais au tribunal pour les défendre.</p>
<p>Là-bas, il y a ceux qui gravent le numéro de téléphone de leur avocat à l’ongle sur leur savon parce qu’ils n’ont pas droit à du papier ou des stylos. Ceux qui sont chiants, à faire le contraire de ce qu’on leur explique, ceux qui ont fait des trucs tellement dégueulasses dans leur vie qu’on n’ose même pas se demander s’il faut les défendre ou pas. Ceux qui ne sont choqués par rien, sauf par le fait de devoir demander un nombre précis de feuilles de papier toilette pour pouvoir aller chier. Ceux qui ont refusé trois fois d’embarquer et qui ont le nez pété tellement ils ont dû bagarrer avec leurs muscles et leur volonté. Ceux qui vous draguent : « Eh madame Cimade, quand je serai sorti d’ici, vous viendrez prendre un café avec moi ? »</p>
<p>Ceux qui arpentent la cour de promenade de long en large à grande vitesse. Vous le savez, vous ? Pourquoi ces mecs marchent aussi vite comme ça, en aller-retour permanent, alors qu’ils n’ont rien d’autre à faire qu’attendre ? Il y a ceux qui ont des cernes le lendemain de leur arrivée : parce qu’ils ne sont pas encore habitués au comptage de nuit. Dans certains centres, ils sont réveillés toutes les demies heures, une lampe de poche policières braquée sur leur visage : « Numéro 798, t’es là ? » Il y a ceux dont la famille se met à hurler dans la salle d’audience du tribunal de grande instance. Ceux qui sont libérés une heure avant leur vol. Il y a ceux dont la situation n’est pas exceptionnelle, dont on a oublié le nom et pour qui on n’a rien pu faire.</p>
<p>De cela nous pouvons témoigner.</p>
<p>On me dit que demain, je serai dehors. Mais moi… je sais bien que je serai encore dedans une fois que j’aurai passé la frontière pour la dernière fois. Je serai encore dedans, tant que je chercherai les mots du témoignage, tant que je chercherai le chemin sur lequel les transmettre.</p>
<p>Demain, c’est le dernier jour. Une libération pour un Soudanais du sud Darfour par la Cour européenne des droits de l’Homme se profile pour la fin de la matinée. Ce sera une belle journée.</p>
<p>A 18 heures, j’irai déposer tous les dossiers, les jurisprudences, les recours, dans les locaux de La Cimade. Alors sans jamais oublier les nuits d’où poussent ses ailes, sans oublier la main de chaque Homme qu’elle a saisie ici, elle les rangera dans les armoires qui la constituent, dans son identité non identifiable et continuera à marcher avec… tant que nos frères marcheront.</p>
<p><strong>Eve-Marie Chrétien (ancienne intervenante de La Cimade au centre de rétention de Massy Palaiseau).</strong></p>
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		<title>Toujours d&#8217;actualité !</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Jan 2010 00:09:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falco</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Awadi &#8211; ON NE SIGNE PAS ! (Feat. Kirikou) envoyé par freshizzle. &#8211; L&#8217;actualité du moment en vidéo. Falco]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="371" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x3ws8r&amp;related=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="371" src="http://www.dailymotion.com/swf/x3ws8r&amp;related=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/x3ws8r_awadi-on-ne-signe-pas-feat-kirikou_news">Awadi &#8211; ON NE SIGNE PAS ! (Feat. Kirikou)</a></strong><br />
<em>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/freshizzle">freshizzle</a>. &#8211; <a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/news">L&#8217;actualité du moment en vidéo.</a></em></div>
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		<title>Chronique sur le faux clandestin des médias</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Sep 2009 22:44:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falco</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Immigration et réglementation]]></category>
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		<description><![CDATA[De Frédéric Taddeï sur France 3 à Thierry Ardisson sur Canal Plus, sans oublier son passage sur TF1 dans l&#8217;émission &#171;&#160;Sept à Huit&#160;&#187;, le sénégalais Omar Ba a été une coqueluche des médias après la publication de ses deux ouvrages: &#8230; <a href="http://www.peregrinus.fr/chronique-sur-le-faux-clandestin-des-medias">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>De Frédéric Taddeï sur <em>France 3</em> à Thierry Ardisson sur <em>Canal Plus</em>, sans oublier son passage sur <em>TF1</em> dans l&#8217;émission <em>&laquo;&nbsp;Sept à Huit&nbsp;&raquo;</em>, le sénégalais Omar Ba a été une coqueluche des médias après la publication de ses deux ouvrages: <a href="http://www.amazon.fr/Soif-dEurope-Témoignage-dun-clandestin/dp/2849240680/ref=sr_1_1/277-4102183-9933557?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1252880501&amp;sr=8-1">&laquo;&nbsp;Soif d&nbsp;&raquo;Europe&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Je suis venu, j&#8217;ai vu, j&#8217;y crois plus&nbsp;&raquo;.</a><br />
Voici une chronique, parue sur le site <a href="http://www.regards.fr/article/?id=4258">REGARDS</a>, qui montre comment Omar Ba a su se muer en parfait client de certains médias.<br />
Malgré la mise à nu de son imposture, on ne désespère pas de voir le ministre de l&#8217;Immigration et de l&#8217;Identité Nationale proposer sa nomination dans l&#8217;Ordre national du Mérite. A moins que ses soutiens de la Fédération du <a href="http://frontnational91.over-blog.com/article-33957578.html">Front National de l&#8217;Essonne</a> ne déclenchent une procédure d&#8217;initiative citoyenne pour le récompenser de son &laquo;&nbsp;témoignage vrai&nbsp;&raquo;.<br />
</strong></p>
<p><strong>S. FALL</strong></p>
<p><strong>La chronique d&#8217;Eric Fassin</strong></p>
<p><strong>Omar Ba, une imposture bonne à entendre</strong></p>
<p>POUR LES MEDIAS, OMAR BA ETAIT DEVENU DEPUIS 2008 « UN EMPECHEUR D&#8217;EMIGRER EN ROND » (20 minutes). Ce jeune Sénégalais s’était fait connaître par deux livres : le premier, Soif d’Europe, est censé raconter son calvaire de clandestin ; le second, en 2009, affiche sa désillusion : je suis venu, j’ai vu, je n’y crois plus. Son message est clair : pour les Africains, l’émigration européenne est un mirage. Il veut « casser les stéréotypes sur l’Eldorado européen » (www.afrik.com), car au-delà des inéluctables déceptions individuelles, « l’immigration n’est pas la solution aux problèmes de l’Afrique ». L’habitant d’Evry devient la coqueluche des médias français – télévision, radio, presse lui donnent la parole – pour mieux dire aux Africains : « Ne venez pas ! »<br />
Dans Le Monde du 8 juillet, Benoît Hopquin révèle toutefois qu’Omar Ba est un imposteur : « Las ! Cette épopée est largement inventée. » C’est un récit « truffé d’incohérences et d’anachronismes ». L’intéressé finira d’ailleurs par en convenir : « Mon témoignage ne repose pas uniquement sur des événements que j’ai vécus personnellement mais aussi sur des drames vécus par d’autres, des anonymes dont la voix est trop souvent tue. »(1) Et de s’en justifier : « “Peut-être n’ai-je pas vécu en mon corps : peut-être ai-je vécu la vie des autres”, écrit Pablo Neruda en exergue de sa célèbre autobiographie. » Omar Ba maintient donc son argument en rejetant la confusion, qu’il attribue désormais à ses adversaires, « entre ce que je suis et ce que je dis ».<br />
Pourquoi aura-t-il fallu si longtemps pour que la vérité sorte en France ? Un an plus tôt, un autre expatrié, Bathie Ngoye Thiam, avait déjà dénoncé la supercherie sur un site de la diaspora (2) en démontant le témoignage : « Il raconte “son” aventure tirée par les cheveux, tellement [qu’] il en rajoute et s’y perd. » Si la presse française ne s’en est pas souciée, c’est sans doute que le message, en apparence adressé aux Africains, était en réalité à l’intention d’un public français. Car la clé du succès d’Omar Ba, c’est sa capacité à tirer les leçons de ses échecs pour s’adapter à la demande. Pour s’en convaincre, il suffit de remonter à ses deux ouvrages précédents : si Pauvre Sénégal, publié en 2006 sur Internet, s’en prenait à la politique de son pays d’origine, la même année, le titre suivant fustigeait son pays d’accueil : La France, une république ? Le racisme au sommet. Mais aucun des deux n’a eu le moindre écho. L’étudiant en sociologie a donc dû s’employer à comprendre la société française avant de savoir répondre à ses attentes médiatico-politiques.<br />
Or s’il y parvient, c’est paradoxalement en se posant en briseur de tabous : pour L’Express, « Omar ne craint pas de prendre à rebrousse-poil ses compatriotes. Et la gauche droits-de-l’hommiste. “Je suis révolté par le discours commun qui taxe l’Europe d’absence d’humanité”, assène-t-il. » « Omar découvre une France qu’il ignorait, celle de la précarité et de la pauvreté, du chômage et du surendettement. Un pays moins raciste qu’il ne le craignait. Simplement “utilitariste” : “On n’a pas besoin, ici, d’hommes et de femmes sans qualification. Telle est la loi impitoyable de l’économie libérale.” » Il poursuit, dans Libération du 12 mai dernier : « Aujourd’hui, j’affirme que l’immigration tous azimuts est un double drame. Pour le pays d’origine et pour le pays d’accueil. Je déplore l’irresponsabilité d’un internationalisme naïf qui voit dans l’émigration vers les pays du Nord le salut de ceux du Sud. »<br />
Omar Ba se fait donc le chantre du « codéveloppement » cher à nos ministres de l’Immigration : pour lui, c’est « gagnant-gagnant ». Sur le plateau de Thierry Ardisson (3), il complète son argument : « 308 milliards de dollars ont été envoyés vers les pays en développement en 2008 (c’est la Banque Mondiale qui le dit) par les immigrés – est-ce que cet argent-là a servi à grand-chose ? Si l’émigration était la solution aux problèmes de l’Afrique, ça se saurait ! » En réponse, Xavier Darcos abonde dans son sens : « Nous sommes tous d’accord sur le fait que l’Afrique a besoin de conserver ses propres forces, et que c’est en elle-même qu’elle doit trouver son propre développement. »<br />
Mais c’est sa phrase suivante qui donne la clé de son enthousiasme, et de l’engouement général : « Cette dénonciation par un Africain lui-même (sic), c’est très intéressant à entendre ! » Bathie Ngoye Thiam l’avait bien deviné : « Omar Ba, notre cher compatriote, s’est sans doute dit : “Voilà un bon créneau…” » La réaction d’un lecteur de Libération est éloquente : « Rien à redire à TOUT ce qui a été écrit. Si cela l’avait été par un Européen, il aurait été taxé de xénophobe (au mieux). » Du reste, même démasqué, le faux clandestin n’est pas tout à fait isolé : dans l’Essonne, le Front national (4) lui conserve son soutien. La France aux Français ? Omar Ba a mieux à offrir : les Africains à l’Afrique.<br />
É.F.</p>
<p>Paru dans Regards n°64, septembre 2009</p>
<p>1. http://omarba.skyrock.com<br />
2. http://www.afriquechos.ch<br />
3. http://www.youtube.com/watch?v=Z2L9j3wopcQ<br />
4. http://frontnational91.over-blog.com/article-33957578.html<br />
1er septembre 2009 &#8211; Eric Fassin<br />
Source TERRA : http://www.regards.fr/article/?id=4258</p>
<p class="author-link"> <a href="http://www.peregrinus.fr/author/admin" rel="author">Falco</a></p>]]></content:encoded>
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		<title>&#160;&#187; Ce que vous êtes parle si fort, M. le Président, qu&#8217;on entend plus ce que vous dites &#171;&#160;</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2009 07:10:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falco</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Opinions]]></category>

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		<description><![CDATA[En 1989, Jean Luc Parodi a développé dans la revue Hermès des réflexions brillantes sur ce qu’il désigna comme « des actes politiques lourds ». En se referant à ce texte, les récentes variations discursives du Président Sarkozy deviennent moins &#8230; <a href="http://www.peregrinus.fr/ce-que-vous-etes-parle-si-fort-m-le-president-quon-entend-plus-ce-que-vous-dites">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href='http://www.peregrinus.fr/wp-content/uploads/2009/07/megaphone.jpg'><img src="http://www.peregrinus.fr/wp-content/uploads/2009/07/megaphone.jpg" alt="" title="megaphone" width="178" height="245" class="aligncenter size-full wp-image-67" /></a></p>
<p>En 1989, <a href="http://www.fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Parodi">Jean Luc Parodi </a>a développé dans la revue <a href="http://www.documents.irevues.inist.fr/handle/2042/8538">Hermès</a> des réflexions brillantes sur ce qu’il désigna comme « des actes politiques lourds ». En se referant à ce texte, les récentes variations discursives du Président Sarkozy deviennent moins déroutantes en ce qu’elles se révèlent comme une pure tentative de brouillage. Devant cette conjoncture économique impitoyable, l’urgence, c’est de précipiter dans l’oubli les actes politiques lourds posés par le président Sarkozy aux premières heures de sa présidence. D’autant plus que ces actes politiques ayant suscité beaucoup de bruits, ils ont parfaitement été « entendus, enregistrés, mémorisés ».</p>
<p><strong>Des actes politiques lourds qui ont façonné « l’être politique »</strong> </p>
<p>Aussitôt après sa large victoire de la présidentielle de mai 2007, le président Nicolas Sarkozy, suivant une logique vantant volontarisme et pragmatisme, a introduit une série de mesures qui ont fait tant de « bruits politiques » qu’elles ont été suffisamment entendues et bien consignées dans l’imaginaire collectif. Au-delà de l’épisode fortement médiatisé et avant-coureur de <a href="http://www.lepost.fr/article/2009/05/07/1526347_a-la-conquete-du-fouquet-s.html">la fête au Fouquet’s</a>, Nicolas Sarkozy a posé aux premières lueurs de son mandat des actes lourds qui ont activement répandu cette croyance qu’il voulût d’abord accorder des privilèges fiscaux aux riches avant de s’attaquer aux petits privilèges des classes populaires comme les régimes spéciaux par exemple. Suivant une impulsion réformatrice orientée, une série d’actes lourds posés par le président Sarkozy pendant cette période consolideront les perceptions de l’opinion. Il en est ainsi de la réforme de la fonction publique qui exige la suppression d’un fonctionnaire sur deux, de la remise en cause du système de soins avec la franchise médicale dont les premières victimes ont été les personnes âgées aux revenus modestes. C’est aussi le cas des mesures fiscales qui ont presque supprimé les droits de succession sans oublier le bouclier fiscal avec la <a href="http://www.loi-tepa.fr">loi TEPA</a> du 21 août 2007 qui a instauré un plafonnement des impôts à 50% des revenus fiscaux d’un contribuable.<br />
Sans être exhaustif, on observe que ces actes lourds posés par le président Sarkozy s’inscrivent dans une certaine continuité et ont définitivement structuré son « être » politique.</p>
<p><strong>Un nouveau discours dans un contexte économique et social défavorable</strong></p>
<p>Les revirements effarants relevés dans les récents discours du président Sarkozy prouvent que la crise économique a introduit une nouvelle donne. Le discours quotidien qui répond purement aux besoins de la communication politique s’éloigne davantage des actes politiques capitalisés par le président.<br />
Le 15 juin 2009 devant l’assemblée de l’OIT à Genève, le président Sarkozy s’était métamorphosé en défenseur des travailleurs du monde entier. Il a ainsi vigoureusement dénoncé « le capitalisme financier qui détruit les emplois » pour plus de justice sociale sur la planète. En digne ambassadeur d’Attac, le président Sarkozy a plaidé pour un débat soutenu sur la question relative à la taxe Tobin.<br />
Le discours prononcé le 22 juin dernier à Versailles devant le Congrès s’inscrit dans ce même élan <a href="http://www.tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/20090624.OBS1789/limpromptu_de_versailles.html?idfx=RSS_notr&#038;xtor=RSS-17">d’abandon du soubassement de son action politique</a>. C’est dans ce sens que le modèle français longtemps vilipendé s’est vu reconnaître qu’il avait « de nouveau sa chance ».<br />
Récemment, dans une allocution prononcée le 26 juin 2009 aux états généraux de l’Outre-mer en Guadeloupe, le président Sarkozy affirmant son attachement à la démocratie s’inscrivait en faux contre cette attitude si commode à désigner comme bouc émissaire cet « Autre » qui peut être le « voisin, le patron, le Français de l’Hexagone, l’élu, le représentant de l’Etat, l’immigré… ».<br />
On notera que la proposition du candidat Nicolas Sarkozy de la création du ministère de l’immigration et de l’identité nationale et sa mise sur pied effective par le président Sarkozy participent fortement d’une mise à l’index de l’immigré comme une menace à l’identité nationale française aujourd’hui.<br />
Sous l’effet conjugué de la crise et de son corollaire de grognes, les discours présidentiels qui ont pris un surprenant tournant social renvoient plus à l’instauration d’un état de campagne électorale permanente qu’ils ne convainquent d’un quelconque changement d’orientation. Les actes lourds qui les ont précédés rendent aujourd’hui ces discours inaudibles.</p>
<p><strong>Sarah FALL</strong></p>
<p class="author-link"> <a href="http://www.peregrinus.fr/author/admin" rel="author">Falco</a></p>]]></content:encoded>
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		<title>&#171;&#160;Enquête exclusive: La multinationale des vendeurs à la sauvette&#160;&#187; ou Comment produire du réducteur avec de l&#8217;approximatif</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Jun 2009 13:02:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falco</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration et réglementation]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans un reportage diffusé le dimanche 24 mai à 22H45mn sur la chaîne M6, le magazine d’information « Enquête exclusive » a tenté de décrire pendant un peu moins d’une heure ce qui nous a été présenté comme « la &#8230; <a href="http://www.peregrinus.fr/enquete-exclusive-la-multinationale-des-vendeurs-a-la-sauvette-ou-comment-produire-du-reducteur-avec-de-lapproximatif">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="www.m6replay.fr/emissions/enquete-eclusive/13300116#/emissions/enquete-exclusive/13300116">Dans un reportage diffusé le dimanche 24 mai à 22H45mn</a> sur la chaîne M6, le magazine d’information « Enquête exclusive » a tenté de décrire pendant un peu moins d’une heure ce qui nous a été présenté comme « la multinationale des vendeurs à la sauvette ». Cette enquête de choc qui a obtenu un <a href="www.toutelatele.com/article.php3?id_article=17088">bon score d’audience</a> pèche par ces raccourcis expéditifs qui donnent à entendre que tout vendeur à la sauvette est un « <a href="www.fr.wikipedia.org/wiki/Mouridisme">Mouride</a> », de la même façon qu’ils peuvent faire passer un faux-semblant pour une réalité plus complexe.</p>
<p><strong>Une multinationale des mourides ?<br />
</strong><br />
Tout le long du reportage, on perçoit une association entre « vendeurs à la sauvette » et « mourides », combinaison à laquelle le téléspectateur risque aisément d’adhérer alors qu’elle ne résiste pas aux faits. En effet, une observation même fortuite des endroits investis par ces vendeurs à la sauvette prouve que c’est un groupe assez cosmopolite. N’en déplaise aux auteurs de ce reportage, ces Africains, dépeints en un clan organisé qui se veut maître des endroits touristiques de la capitale,  partagent ces lieux avec des Indiens, des Pakistanais et des Chinois entre autres. D’ailleurs, le floutage des images n’a pu empêcher de voir que les vendeurs poursuivis n’étaient pas toujours des « individus de type africain ».<br />
L’assimilation explicite et sans réserve des vendeurs à la sauvette aux « mourides » dans ce reportage laisse présumer chez ces derniers une conduite de profiteurs qui ne barguignent pas à abuser le fisc, la sécurité sociale, donc la France.</p>
<p><strong>Univers de servitude et d’opacité ?<br />
</strong><br />
Le reportage dresse par ailleurs une perspective parcellaire de la doctrine « Mouride » en montrant comme une figure emblématique un personnage « mystérieux et controversé ».<br />
La réalité reste que le personnage exhibé dans ce film ne représente pas ce qu’on peut appeler une voix autorisée dans la communauté mouride. L’influence qu’on veut lui prêter, si elle existe encore aujourd’hui, reste très marginale. Quant à ce groupe de jeunes présenté comme une milice chargée de faire la police au sein de cette communauté, leur pouvoir se cantonne à veiller à la meilleure organisation matérielle de certaines manifestations.<br />
Par ailleurs, la multitude de sites Internet qui portent sur le Mouridisme de même que les différentes thèses, études et reportages sur l’organisation ou l’influence politico-économique de la confrérie mouride laissent dubitatif sur l’opacité que le reportage a voulu mettre en avant.<br />
On ne peut s’interdire de reconnaître, en juxtaposant <a href="www.tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20090525.OBS7881/leglise_de_scientologie_jugee_pour_escroquerie.html">l’actualité récente sur les dérives sectaires</a> et un autre reportage de « Enquête exclusive » du 10 mai 2009 sur <a href="www.programme-television.org/Magazine+d'information/Enqu%EAte-exclusive/090510224506/description.html">les nouveaux sorciers</a>, que la suggestion « sectaire » semble évidente.<br />
Après avoir suivi cette émission, il subsiste ce sentiment que tant d’approximations ne pouvaient servir les objectifs poursuivis, quels qu’ils soient.</p>
<p><strong>Sarah FALL</strong></p>
<p class="author-link"> <a href="http://www.peregrinus.fr/author/admin" rel="author">Falco</a></p>]]></content:encoded>
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